Pas de sexe in the City - Saison 2

La croisière s'amuse, ou plutôt se séduit...

Après une journée speed et pleine d'émotions, passée à préparer cette fameuse soirée avec Dos, va-t-il quant à lui, être à la hauteur des efforts de notre Lyne ?

 

 

J'arrive à l'heure, même en avance, l'embarcadère était en effet près de chez moi. Apparemment, plusieurs bateaux quittent régulièrement ce port d'amarrage, plusieurs fois par jour. Le vent souffle bien, et il fait froid. Je m'enroule dans mon châle et vais m'abriter. Les gens autour de moi que j'observe sont étonnament de tout genre : certaines ladies d'un certain âge sont habillées assez chic avec carrément un chapeau tandis que d'autres gens sont habillés plutôt détente. Je me demande si je ne suis pas trop classe finalement et si j'en ai pas trop fait ! Un bateau revient et les passagers à son bord débarquent. À la bonne heure : c'est l'occasion de regarder comment il sont habillés. Et là j'hallucine, je vois vraiment de tout, même un type en chemise hawaienne et tongues. C'est pas possible, je vais avoir l'air ridicule ! Peut-être que toutes les croisières ne font pas des croisières black tie. Bref, il est 6h20 et Dos n'est toujours pas là, donc j'avance vers le bateau et m'assois sur le banc, près des gens qui font la queue pour entrer dans l'Elizabethan, notre bateau de croisière.

Je les observe et suis rassurée de constater que ce groupe là est plus homogène et plus chic. 6h25, les dernières personnes entrent dans le bateau cinq minutes avant le départ et Dos n'est toujours pas là. Il ne m'a pas posé un lapin quand même? Je rédige un texto lui disant où je l'attends et lorsque je l'envoie, j'aperçois au loin un homme courir, cheveux couleur foin au vent. Je le reconnaît, c'est Dos !

Il arrive vers moi essouflé mais avec le sourire et s'excuse pour son retard, du aux embouteillages. Nous avançons donc ensemble et après notre entrée sur le bateau, les portes se ferment. Au passage, je scanne Dos : heureusement que je me suis mise sur mon trente-et-un finalement, Dos avait vraiment la classe, j'étais impressionnée! Il portait une veste longue, en petit motif pied de poule, soulignée d'un col en velour avec dessous une très belle chemise assortie du fameux nœud-pap ! Il avait toujours sa sale tête, mais sans aucun doute, nous étions le couple star du bateau.

Le bateau tangue bien, il vaut mieux ne pas être saoul car déjà comme ça, on a du mal à rester debout ! Cela me fait penser qu'avec tous ces préparatifs effrénés, je n'ai pas mangé une miette de la journée. Zut, je vais devoir faire attention à ne pas boire trop pour ne pas être malade cette fois encore, samedi doit m'avoir tenu de leçon.

Dos me demande alors si je veux déposer quoi que ce soit au vestiaire. J'hésite, puis je ne lui tends que mon parapluie. Le style du bateau est majoritairement celui de personnes âgées, habillées assez classique et sage tandis que la robe de Plaine est très sexy. Toute noire et longue, elle présente toutefois un décolleté oblong qui je dois avouer, bien que discrêtement, mettait mes formes en valeur.

Je remonte mon châle pour me couvrir, j'ai un peu honte finalement, je me sens comme si j'étais de retour en France tout à coup... Nous montons au premier afin de prendre un siège et un verre. Dos et moi commençons à discuter. Malgrès les conseils de ma copine Fifi, sur le fait de toujours fixer les gens droit dans les yeux auquels on parle dans ce genre d'événement, ici j'avais un peu de mal avec Dos car je n'étais pas trop à l'aise.

Mon verre se vidait doucement alors que Dos, en bon Anglais, avait une descente à pic. Cela m'a fait penser que je ne savais même rien de lui. Son prénom me suggérait des origines écossaises mais lorsque je lui ai demandé, en fait non, Dos est anglais avec des origines hispaniques. Je le regarde et je dois avouer que j'avais du mal à voir un  quelquonque trait méditeranéen en lui, en revanche son coté anglais était bien présent.

Toutefois, mon Dos qui n'est pas très beau, est d'une excellent compagnie. Nous avons bien discuté et ri aussi. Surtout lorsque je lui ai demandé son métier : Dos est en fait entrepreneur dans l'industrie du nettoyage des chewing gums collés à terre. Je n'ai pu m'empêcher de pouffer de rire en disant « c'est original ». Forcément, moi et les hommes à métier improbables ne font qu'un. Je ne pensais pas pouvoir faire mieux que mon réparateur de machines à café et noveliste de Sheffield. Mais si, j'avais en face de moi un type qui roulait en Ferrari grâce aux gens qui crachent leur chewing-gum par terre. Il m'a d'ailleurs dit que son meilleur marché est l'aéroport de Heathrow et Oxford Street, lieux de passage fortement fréquentés par les américains.

Il ne s'est pas véxé que je rie, et il a d'ailleur ri avec moi aussi et cela m'a fait plaisir car il faut l'avouer, c'est drôle. La compagnie de Dos me plaisait vraiment bien, à nouveau j'aimais être à ses côtés et plus je le connaissais plus je l'appréciais. Il paraissait vaiment sympa et comme il bafouillait un peu lorsqu'il me parlait quelque fois, je trouvais cela mignon.

A un moment j'ai vu ce que je trouvais de beau chez lui, ses yeux et à partir de ce moment je n'ai plus fait que regarder qu'eux. Oui, j'aurais pu appeler Dos Yeux, mais pour maintenant gardons Dos tout de même car sinon cela va devenir compliqué !

Nous sommes invités à descendre d'un niveau pour prendre place à table. Nous nous dirigons vers le repère P et mon nom était miss Haworth comme Dos l'a choisi, ne connaissant pas mon nom de famille. Je souris et ne rélève pas. J'aime bien garder mon identité secrète dans un premier temps. Nous attendons debout que tout le monde trouve sa place, puis nous nous asseyons. J'hésitais à nouveau, dois je garder mon châle ? Le couple assis à notre table était plutôt agé et la dame n'avait pas de décolleté, en fait rien d'extravagant du tout. Puis je me suis souvenue de Flick me disant d'être sûre de moi. Je savais que cette robe m'allait bien, peut-être trop même, mais je me suis dit  « au diable les peurs et autres complexes, osons être femme, c'est après tout notre résolution 2007 ». Doucement, je fais glisser mon châle des épaules et le pose délicatement sur le dos de ma chaise, avec mon sac à main. Je m'assois et je me sentais bien. Dos me sourit, je pense qu'il a dû aimer, mais à aucun moment je ne l'ai surpris à me regarder ailleurs que dans les yeux, et je doit avouer que j'ai aimé ça.

Nous nous installons donc à table et là se trouve un autre challenge qui m'attendait : devant moi se trouvent trois fourchettes à ma gauche et deux couteaux à ma droite. Ok et qu'est ce que fais avec ça ? Discrètement, je décide de regarder ce que font les autres, surtout Dos, mais je me demandais s'il n'attendait pas que je commence. Je le vois qu'il touche aux fourchettes et les place afin qu'elles aient toutes le bout à la même hauteur et du coup j'étais encore plus perdue. Lorsqu'il se décide enfin à prendre un couteau et une fourchette, je fais de même et commence à prendre une première bouchée. Ensuite le pain, j'observe comment il fait et repète exactement ses gestes. Sauf que par symétrie, je me suis retrouvée à piquer le pain du voisin de droite. Zut, boulette ! Bon il fallait bien que j'en fasse une, c'était obligé ! C'est pas grave, je le saurai pour la prochaine fois, passons à la suite.

Nous reprenons nos discussions sur diverses sujets et Dos me raconte un peu ses loisirs : golf, cheval, et même chasse à courre pour ne citer qu'eux. Ensuite il me dit qu'il habite à Knithsbridge mais qu'il a une maison aussi dans le sud de Londres et une résidence secondaire en Espagne. Je me suis alors demandée à combien revient le coût unitaire du nettoyage de chewing gum !

Puis il me pose des questions plutôt suggestives, comme Boudd'ha l'avait fait quelque temps auparavant, à savoir si je suis catholique et si je veux des enfants !!! Pas de doute, je me fais scanner. Enfin, je pense être passée entre mailles du filet car il me demande ce que je fais le 16 août. Je réponds que je ne sais pas encore, que je suis libre à priori. Et là, il m'annonce qu'un ami se marie et qu'il souhaiterait que je l'accompagne, si je veux bien. Comme il est anglais, je ne prends pas trop cette demande au sérieux mais tout de même, j'ai été surprise, qui ne le serait pas ? J'ai accepté avec plaisir, car je ne suis jamais allée à un mariage anglais. Nous sommes interrompus par l'organisateur de la croisière nous demandant de nous lever pour porter un toast à la reine. Je ne sais pas où je suis tombée avec cette croisière, mais croyez moi j'ai vraiment senti que j'étais immergée dans l'angleterre traditionnelle. C'était magique quelque part, et je me suis vue du coup faire golf avec Dos, puis du cheval et peut-être même de la chasse à courre ! Le diner s'achevait et nous avons été invités à nous rendre sur le pont pour voir un feu d'artifice spécialement préparé pour les passagers de ce bateau. Cela terminait la croisière en beauté.

En quittant le bateau, nous avons décidé d'appeler Criquet afin de le rejoindre avec le reste de la bande au Sanderson. Nous montons dans le taxi direction Oxford Street puis au détour d'une conversation, Dos sort de je ne sais où, une fleur de lys rose, qu'il me tend nonchalament en prétextant que cela ira très bien avec mes chaussures. J'ai reconnu le brin qui se trouvait dans le vase sur notre table. Il a dû la prendre avant de partir et la cacher sous sa veste. Là, Dos a vraiment marqué des points. C'était la dernière chose à laquelle je m'attendais et ce brin de fleur m'a vraiment séduite.

Une fois arrivée au Sanderson, nous nous sommes dirigés vers le jardin, là je me suis naturellement assise dans cette jolie corbeille en osier, faisant office de siège-balançoire tandis que Dos est allé me chercher du champagne. Alors que je me balançais doucement avec le doux son de la petite cascade d'eau à ma droite, je me disais que cette petite soirée m'avait vraiment plue. Je pense que c'est une des meilleures soirées que j'ai passé avec un homme depuis des lustres. Que Dos s'occupe si bien me moi et a même réussi à me faire rêver m'a fait considérer la possibilité de le placer en dossier ouvert...

Nos amis nous rejoignent, nous buvons encore ensemble et plaisantons jusqu'à la fermeture du bar. Il est temps de se quitter. À la sortie, Dos s'approche de moi, me passe doucement la main dans le dos et me souffle du bout des lèvres « alors, as tu passé une bonne soirée ?» Mon sourire avait déjà répondu à sa question, mais je le lui ai confirmé et l'ai remercié pour tout, surtout pour la fleur, qui valait tous les bouquets d'interflora. Nos yeux ne se quittaient plus et j'aimais sentir son bras autour de moi me tenir légèrement serré contre lui...

Mais que va-t-il se passer ?

 

Vos commentaires

1 Le Vendredi 6 Juillet 2007 à 14:47 GMT+2, par Flick-flop

Ah, Lyne Achevez commence à rêver de chasse à courre et de vie à l'anglaise...Il a pas que des beaux yeux ce Dos mais aussi de sérieux arguments, on dirait ! Mieux encore: ce décolleur de chewing gum semble être un parfait gentleman. Son activité témoigne déjà en soi de sa lutte contre les fléaux du monde moderne décadent, chewing gums, etc.
La suite!

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