Boudd'ha ou quand l'homme prodigue me fut envoyé du ciel
C'était le lendemain d'un we de trois jours sur Londres, et nous étions sortis tous les soirs jusqu'à pas d'heure. Le lundi matin j'étais dans un état second. Après m'être levée pour manger, je me suis recouchée pour une sieste, mais rien à faire, encore après, j'étais décalquée.
Je décide donc de sortir prendre l'air. J'enfile mon long manteau et prends la porte. En sortant, Plaine vient me demander si je vais bien, je la rassure en lui disant que j'ai juste besoin de m'aérer le cerveau. Elle m'accompagne sur le pas de la porte et en sortant, à notre grande surprise nous découvrons qu'il y a du monde au balcon, chez le voisin. Ils nous regardent, nous les regardons, puis des signes de la main nous appellent. Plaine est en pyjama et n'ose pas sortir autre chose que son cou de la porte. Je lui dis que je vais les voir, et lui dit de me rejoigne ensuite.
Je me dirige donc vers le groupe et on me demande de me joindre à eux afin de prendre part à la fête. Je ressortais de 3 nuits de fête à vrai dire, et l'idée de reboire me donnait mal au cœur. Mais leur accueil était tellement chaleureux que je me suis dit que je ne pouvais pas faire l'associable. J'accepte donc volontiers.
Je fais connaissance avec mes voisins que je ne connaissais pas jusqu'à présent, et suis ravie de me rendre compte qu'ils sont très sympathiques. Mes jambes lasses me portent vers un canapé en cuir au coin du salon dans lequel je m'effrondre. Les gens viennent à ma rencontre pour me parler, m'apportant à tour de rôle un verre de punch. Je suis tellement bien finalement, pourquoi devrais-je partir ? Quelques verres d'alcool, de la bonne compagnie et finalement, mon mal de tête a disparu sans que je m'en rende même compte !
Et c'est alors que je me suis retrouvée seule, dans mon trône, que je le vois. Il vient du fond du salon depuis l'entrée, et avance vers moi. Il me fixe du regard tout en s'approchant et je fais de même. Il sourit, tellement que je me demande si on ne se connaît pas, mais non, je suis sûre que je n'ai jamais vu ce type auparavant. Naturellement, il vient s'asseoir sur le bord de fenêtre près de laquelle je suis installée, puis me demande si je vais bien, cash, avec son plus beau sourire. Son assurance m'a plue, en effet ce n'est pas tous les jours qu'un homme ose venir m'aborder franchement comme cela.
Un marathon de questions commence alors : ce que je fais dans la vie, où j'habite, d'où je viens, ce que j'aime faire dans la vie, où ai-je voyagé, ce que j'aimerai faire dans quelques années... J'avais eu à peine de le temps de glisser une ou deux questions que lui m'en posait déjà dix. Alors que je ne savais de lui uniquement qu'il venait de New York et qu'il était allemand, lui semblait faire le tour de ma personnalité en un temps record. Je me suis soudainement retrouvée mitraillée de questions, de plus en plus suggestives comme par exemple celle ci :
« Aimes tu faire du sport ? des activités en plein air ?»
« Je ne suis pas sportive, mais j'aime beaucoup marcher, je fais de temps en temps des randonnées en dehors de Londres quand je peux »
« Ah oui, tu aimes la nature, alors tu aimerais beaucoup central park. Es tu déjà venue à New York ? »
« Euh, oui une fois, mais je n'ai pas trop aimé... »
« Ah bon pourquoi ? »
« Et bien... je crois que j'y suis tout simplement allée avec les mauvaises personnes... »
« Ca arrive ça. C'est pas grave ça veut dire qu'il faut que tu reviennes alors ? »
« Peut-être... »
Je n'aime pas qu'on me monte des plans sur la comête, et celui là semblait m'en monter sur Pluton donc je restais très méfiante. Toutefois, il semblait si détendu lors de cette conversation et disait les choses avec tellement de naturel qu'on pouvait le croire sans problème. Cela a commencé à me déstabilier lorsque l'idée qu'il pouvait être sérieux m'a traversé l'esprit.
Un autre type nous interrompt, et une ravissante sri lankaise saute sur l'occasion pour lui parler, et comme j'écoutais d'une oreille ce qu'ils disaient, j'entendais sur quel type de sujet la maline l'avait ammené:
« J'ai lu ce bouquin très intéressant, il s'agit d'un roman, récit d'une femme frigide, c'est totalement incroyable que certaines femmes peuvent être ainsi ...»
Puis elle le prend par la main et l'emmène avec elle, et ils disparaîssent. J'en profite pour me sauver à l'anlaise. Je n'avais pas pris de douche encore et l'envie de me rafraîchir commençait à me peser. En sortant, je croise Plaine qui se rendait chez les voisins, je lui dit que je reviens sous peu.
Une bonne douche, ça fait du bien... en sortant je me regarde dans le miroir, ma dernière soirée S4 avait laissé des traces...un beau rital que j'avais attrapé dans un coin de l'Eclispe m'avait embrassé toute la nuit et de ce fait, j'avais un canelloni de suçons sur tout le bas droit du visage. A l'aide de ma poudre, je camoufle discrêtement les dégâts et me rends à nouveau à la soirée.
Lorsque je rentre dans le salon, il est revenu, mais il est toujours avec elle. Alors je m'assois, totalement à l'opposé d'eux et bientôt il se lève et tourne autour de moi pour finalement prendre un chaise, et la poser près de la mienne.
« Je pensais que tu étais partie »
« Non je suis allée prendre une douche, j'en avais besoin ! »
« Oui, j'ai demandé à Plaine et lorsqu'elle m'a dit que tu revenais j'étais rassuré... »
Encore un message subliminal me dis-je... Un blanc de quelques secondes passe, un ange aussi probalement...
« Tiens, tu t'es maquillée... »
La stupeur qui s'est déssinée sur mon visage l'a fait sourire. Comment avait-il remarqué que je me suis maquillée alors que je n'avais que légerement poudré mon visage ?
« Non..pas du tout...je viens de me doucher, c'est peut-être le maquillage de la veille qui a du couler sans que je m'en apperçoive... »
« C'est du fond de teint que tu as mis »
Je devais sortir le drapeau blanc...il m'avait cernée, et je devais me rendre, déconcertée
« Ah oui, en effet c'est vrai, je trouvais que j'avais pas très bonne mine... »
Plus il souriait, plus je béguaillais et plus je me rendais compte d'une chose : ce type était en train de me destabiliser, chose qui ne m'était pas arrivée depuis des lustres. Mais qu'est ce qui m'arrive ?
Je retournais en France le jeudi, lui à New York le vendredi. Après un moment d'hésitation il se lance :
« Si tu n'as rien de prévu mercredi soir, ça te dirait que l'on aille se prendre un verre ensemble ? »
« J'ai peut-être un anniversaire, je ne sais pas encore, mais c'est possible avant, peut-être, oui, ça serait bien.. ? »
« Oui ça serait bien ! »
« Alors... je suppose que tu veux mon numéro de téléphone ? » dis-je d'une voix tremblante
« ça me serait bien utile en effet !» dit-il d'un ton joyeux.
Nous échangeons nos numéros et peu de temps après il se lève et quitte la soirée. Je n'avais plus rien à y faire surtout que je sentais que j'étais totalement chamboulée par cette rencontre. Je n'y croyais pas, j'avais enfin rencontré un mec qui avait réussi à me replonger dans un état d'adolescente. Mon lit me tendait ses bras, j'étais exténuée, physiquement et mentalement, c'est donc naturellement que je me suis écroulée dans les bras de Morphée.
Va-t-il vraiment m'inviter à sortir ensemble mercredi avant de repartir aux States ? J'espère tellement...
Par Lyne Achevez, Mercredi 11 Juillet 2007 à 23:27 GMT+2 dans Dossiers Classés (article, RSS)




