Pas de sexe in the City - Saison 2

Le boulet - l'enchainement

L'arrivée de Boulet dans ma vie de fille libre, indépendante et pétillante a quelque peu alourdi ma joie de vivre. Jusqu'à quel point va-til me pourir la vie ce week end là?
 

La soirée se passe au Blues bar, les discussions sont variées et la compagnie de Fix et sa copine sont un vrai plaisir. A un moment, Fix se retourne et Boulet piquait du nez sur la table, alors il revient vers moi en pointant son pouce vers lui et me dit « mais qu'est ce que tu nous a ramené là ? ». Forcément, au bout de 5 minutes où Fix parlait tout seul au boulet, il a préféré larguer le poid mort et revenir vers nous. Le boulet quand à lui a commencé à sombrer seul dans son coin. Sauf qu'en coulant, je coulais aussi ! Trop bonne, trop conne, je lui dit qu'on va pas tarder à y aller. Fix en profite pour lui suggérer délicatement qu'il a pas fait sa tournée et que de ce fait on peut rester encore 20 minutes de plus. En effet, Boulet a accepté les verres de tout le monde, mais quand vient son tour de payer la tournée, il s'endort et veut partir.

Dix minutes se passent, il ressemble à un épave et ne s'est toujours pas levé le cul pour aller commander au bar, donc je renonce et décide de rentrer.

L'ambiance battait son plein et moi je devais partir, contre mon grès. J'avais l'impression d'être comme ces couples où l'un des deux (souvent la fille) fait chier pour aller se coucher alors que l'autre resterait bien. Sauf que là on étaient même pas en couple. Bon sang! j'ai gouté à la saveur amère du sacrifice ce jour là, et je me suis dit que j'étais vraiment pas prête pour ça.

Nous rentrons donc nous coucher et je me change dans mon pyjama le plus horrible: une liquette déformée depuis des années de lavage avec même des trous de part et d'autre. Forcément Boulet critique « bah alors c'est quoi ce truc, t'as rien de mieux ? ». Si mais certainement pas pour toi... ai-je pensé en moi. « Si mais j'avais pas le courage, bah pour dormir ça vaut pas le coup de se prendre la tête » et je me vautre dans mon lit. S'il est venu pour fantasmer sur moi je vais lui faire passer l'envie vite fait. Il capte alors la jolie nuisette que je venais d'acheter la semaine d'avant et se permet de dire « voilà ce qu'il faut porter, pourquoi tu le mets pas ? » « parce que je l'ai déjà portée hier ».

Le lendemain mon réveil sonne à 9h59 car j'ai pris exprès une journée pour travailler de la maison afin de m'occuper un minimum du Boulet. Je pouvais donc me lever plus tard et c'est pour cette raison aussi que j'étais verte de ne pas pouvoir rester plus longtemps au blues bar...enfin bref.

Je me lève donc et tandis que j'allumais mon ordinateur, Boulet s'étire en geignant dans le lit. Je lui demande s'il a bien dormi, forcément la réponse est: non. C'est bien la première fois que quelqu'un dors mal sur mon matelas. Mais bien vite, je comprends l'entourloupe : il veut que je le masse. D'ailleurs, il se gêne pas pour le demander direct. Sauf que voilà, j'ai certainement pas envie de toucher à ce gros mollusque flasque et... tout simplement écoeurant. Je trouve une excuse en disant « attends je dois appeler 2 secondes ma collègue de travail » Je lui demande de se taire pendant que j'appelle et là pouf, un kilo de plus, avec son humour à deux balles il me sort « ah ouais pourquoi ? », « parce que j'ai pas envie qu'on sache au taff que j'ai du monde chez moi quand je bosse de la maison » dis-je sèchement, moi qui commence sérieusement à le trouver insupportable. J'appelle donc ma collègue et là il sort à pleine voix « bon je vais prendre une douche alors ». Forcément, ma collègue a du entendre car il y a eu un blanc. Pas de pot, c'est une moucharde et elle parle français. Ce que je ne voulais pas qu'on sache, ie que j'ai pris une journée à la maison pour m'occuper du boulet était mal parti pour être gardé secrêt.

Quand il revient, il ose dire tout haut « ah ben maintenant c'est encore mieux tu vas pouvoir me masser comme je suis tout propre ». Mais quel culot me suis-je dis, il croyait quoi en venant ici ? On est à Londres coco, pas à Phuket.

J'invente une urgence taff afin de fixer l'écran et changer de sujet, puis au bout de 20minutes, je lui demande d'aller faire des courses pour manger un brunch car il me manque certaines choses dans le frigo. Il met des plombes en trainant dans la chambre puis quand je lui rappelle, il cède finalement en disant tou haut « bon comme j'aurai pas mon massage autant avoir un bon repas ». Bon débarras, olala si c'est comme ça tout le week end va falloir que je le calme illico presto.

Quand il revient il est déjà midi et je descend dans la cuisine le rejoindre. Il me demande de lui « faire à manger ». Ça, ça ne me dérange pas. J'installe même la table sur le balcon car il fait un soleil splendide. On va être bien !

Sauf que voilà, au lieu de s'installer dehors et profiter du soleil, Boulet vient me boulétiser dans la cuisine à se méler de mes casseroles. Et ça, j'ai horreur. Surtout que forcément, il est jamais content. Je réussi un super œuf au plat, mais en le démoulant il a crevé, pas de chance. Et hop un « bravo, même pas bonne à cuisiner » de plus pour ma tronche.

Nous nous installons et mangeons. C'est délicieux, le soleil brille et Boulet me raconte ses misères au travail. Je ne l'écoute qu'à moitié en me demandant comment un tel boulet peut travailler à un tel niveau, car Boulet a il faut le reconnaître un bon job. Soit le décalage entre son niveau professionnel et social est un vrai gouffre, ou alors tout le monde doit le détester dans la boite.

A un moment, on reparle d'une fille que nous avions connus au Canada. Elle était terrible : la pire chieuse que j'ai jamais connu de toute ma vie. J'ai failli la baffer à la fin tellement elle me tapait sur les nerfs, pourtant je suis plutôt sympa comme nana. Boulet, lui ne dit rien, puis finalement dit seulement « bah exagère pas, je m'entendais plutôt pas mal avec elle ». Et voilà la clé de l'enigme : j'aurais du savoir ça bien avant de l'autoriser à booker son eurostar : si Boulet aimait bien Boulette, pas de doute, il est un boulet pour de vrai et donc est une espèce à éviter !!

Nous finissions de manger et posons tout dans la cuisine. Forcément, il ne se propose pas de faire la vaisselle ou dumoins d'essuyer. Pour moi, c'est l'occasion de m'en débarasser. Allez, lui dis je, va profiter du soleil ! Je lui file un guide de Londres entre les pattes et l'accompagne à la porte. Il part enfin, et pour la première fois depuis longtemps, j'apprécie de faire la vaisselle...

 

L'après midi se passe, je me dore la pilule au soleil sur mon cher balcon puis me prépare pour aller à une soirée d'anniversaire. Là, je rejoins des amis et Plaine puis nous passons une bonne soirée. Boulet qui s'est joint à nous ne parle presque pas, si pour se plaindre que mon guide n'est pas à jour et qu'il a tourné pour rien 1h dans Covent Garden à chercher Burburrys et le Tea Shop. Agacée, je lui claque juste « ben ça aurait pas été plus malin de demander aux gens ? ». Bref, je ne fais plus trop attention à lui pendant la soirée et j'en profite pour déballer toutes mes histoires de dossiers pour qu'il sache bien que j'ai une vie moi, et que je n'ai pas attendu 3 ans afin de me taper une limace, au cas où ça serait ce qu'il espérait.

 Au moment de payer, il me demande de lui avancer l'argent qu'il me donnera en rentrant. Ok pas de problème. Comme personne ne sortait ce soir là, et forcément Boulet n'aurait pour rien au monde proposé de bouger, nous sommes une fois de plus rentrés tôt.

Le lendemain c'est grasse mat puis nous nous levons doucement avec Boulet. Ce matin là, plus de demande de massage, l'étalage de mes dossiers en tout genre a du le faire percuter, surtout que je portais toujours, et plus que jamais, ma chemise de nuit pourrie.

 

En tant que bonne hôte, je lui prépare un superbe itinéraire pour l'après midi. Nous traverserons Londres d'est en ouest en longeant la Tamise, puis nous passerons par Westminster, avant de finir à Knightsbrige chez Burburry et Harrods. Tout se passe à peu près bien. Le temps était magnifique et la ballade est l'une de celles que je pourrais faire tous les jours sans me lasser. Il ne parle pas ou presque, ce qui ne me dérange pas : au moins j'ai la paix. Nous nous arrétons au Tate Modern pour aller dans le bar avec vue imprenable sur Londres et comme il ne sort pas les ronds, je lui paye une tournée, et allez...

Ensuite, nous allons à l'Oxo Tower ou un superbe retaurant au dernier étage offre lui aussi une vue splendide et une cuisine douce au palet. Là encore, il ne parle pas, juste pour dire « ouais c vraiment bien ici, faudra que je revienne accompagné », désintéressée je lui demande « ah bon parce que je suis de mauvaise compagnie peut-être ? », « mais non » rétorque-t-il, « mais bon, je peux pas te prendre par la main quoi ». Ultime tentative du Boulet ? Vouée à l'échec forcément, je réponds a coté, en disant que je ne trouve pas Londres méga romantique, en revanche pour faire la fête c'est le top !

Nous reprenons la marche sous un fabuleux soleil auquel je tendais mon visage pour qu'il me réchauffe et me fasse du bien. Oui j'ai flirté avec le soleil ce jour là, car j'aurai flirté avec n'importe qui sauf avec le Boulet !

 

Puis petit à petit nous passons par Westminster et arrivons à Knighbridge et Harrods. Et là je réalise que monsieur sait sortir la carte bleue, enfin presque. Il claque plus de 200 pounds à Harrods et au moins autant à Burburries. Sauf qu'à Harrods, c'est encore moi qui paye à sa place pour au moins la moitié des montants car monsieur avait peur d'avoir à payer un euro de commission avec sa carte... Au final j'hallucinais même plus, mais je comprenais pas pour autant: le type mets plus de 100 pounds dans une trousse de toilette et chipotte pour une euro ou deux de plus. On vient vraiment pas du même monde. En tout cas j'étais contente qu'il s'est fait plaisir et je me suis dit, bon maintenant qu'il a pété un coup, ça va peut-être aller mieux par la suite.

 

Sauf que c'est pas le cas! Après cette longue balade, nous rentrons pour nous reposer un peu et nous changer avant de ressortir, et là je sens que Boulet a pas envie de sortir du tout. Bon, me dis-je, ça suffit comme ça, il va pas gâcher aussi mon samedi soir tout de même! Je le motive tant bien que mal et sentant qu'il ne s'est pas allégé du tout, bien au contraire, je demande à mes colocs un double de leurs clés car je sentais que je n'allais pas tarder à le larguer, le Boulet...

Vais-réussir à me libérer du Boulet?

Vos commentaires

1 Le Vendredi 31 Aout 2007 à 15:19 GMT+2, par Miss Ste Henriette

Quel boulet! Quelle idée de l'avoir invité! Pas moyen de s'en débarasser!
C'est un vrai poids lourd dans la catégorie boulet
J'attends la suite avec impatience en espèrant que tu vas réussir à t'en débarasser au coin d'une rue, ou même qu'il se paume dans Londres.

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