Le Boulet - le déchainement
Arrivés au Sanderson, toute la bande à Criquet est là, il y a même une nouvelle fille que je n'ai jamais vu auparavant. Super sympa, on accroche tout de suite et on commence à parler et parler, alors qu'à coté de nous, Boulet est là, silencieux, nous écoutant à moitié, regardant de temps en temps ce qui se passe aux alentours mais croyez vous qu'il essayerai de s'intégrer dans la conversation?
Criquet vient lui parler, et là c'est le verdict final : le pauvre ne tient pas plus de cinq minutes avec le Boulet et abandonne finalement pour rejoindre le reste du groupe. Pourtant mon Criquet, c'est un as du PR, s'il y a bien quelqu'un avec qui il y a toujours un sujet à discuter, c'est lui.
Là, je sens que mon sang commence à bouillir. Il m'énerve vraiment à être aussi Boulet, faudrait surtout pas que les gens croient qu'on est trop amis, car ça va me griller. J'ai une réputation à tenir quand même et il faut que je fasse attention à avec qui je traîne zut!
Comme il ne fait rien, je l'envoie nous chercher à boire car comme s'il se serait proposé par lui-même...
Au bout d'une demi-heure il revient, les mains vides. Là, trop c'est trop, la garce qui sommeille en moi qui est définitivement sortie de ses gongs :
« Ben ils sont où les verres?? »
« Ouais j'ai merdé, j'ai attendu au moins 15 minutes avant de choper un serveur puis quand il est venu me parler pour savoir si j'étais servi, j'ai répondu de travers je crois et il a compris qu'on s'occupait de moi donc il est reparti »
« Et?? »
« Ben j'en ai eu marre d'attendre et je suis revenu »
Mon œil oui, sa boulette ne m'étonnait pas, mais au final je ne comprenais pas pourquoi il avait abandonné. Certainement pas motivé à boire, car franchement à part attendre au bar, il n'avait rien d'autre d'intéressant à faire.
Et revoilà, il reste là planté à ne rien faire et à nous envahir de sa loose ambiante. Il ne disait rien, ne faisait rien, mais il m'ennervait à un point inimaginable! Je me sentais comme une cocotte minute prête à faire sauter le capuchon. En plus tout le monde avait un verre à la main, sauf nous, et je commençais à avoir soif. Bon, pas moyen que j'aille faire la queue, je suis en trop bonne conversation avec la copine de Criquet, et comme lui n'a rien à faire, je vais le renvoyer faire la queue au bar. Cette fois, je lui donne un billet ça va peut-être le motiver à revenir avec des verres.
Et là ça marche comme par hasard, il revient avec nos verres et pas ma monnaie, comme par hasard. Je ne relève pas, pour quelques pounds, il n'a qu'à les garder et s'étouffer avec espèce de sale crabe!
Le groupe se prépare à quitter le Sanderson, et là Criquet me demande ce que l'on fait. Un boulet dans les pattes et une boule dans la gorge, je réponds que je sens que Boulet est fatigué et qu'on va probablement pas tarder. Mais là oh miracle, Boulet à eu un moment de clairvoyance et a proposé de rentrer si je veux sortir avec le groupe.
« ah oui??? Ça te dérange pas? Ça tombe bien j'ai un double des clés, ça alors quelle chance!! »
Je lui fais un plan détaillé pour rentrer à la maison avec le bus de nuit, non pas que je ne voulais pas le perdre pour de bon mais le lascard me devait une coquette somme, alors il fallait le ménager et rester un minimum poli.
Allez hop, le plan en poche, grand signe de la main et ENFIN nos chemins se décroisent!! Une fois hors de vue, je pousse un hurlement de soulagement qui a du s'entendre de part et d'autre de Oxford Street. J'étais libre, libre LIBRE!!!!
Criquet et sa copine riaient, ils confirmaient que Boulet était un boulet et que j'ai bien fait de m'en débarrasser, d'ailleurs j'avais l'air plus détendue maintenant qu'il n'est plus là.
J'étais comme un chien tenu en laisse, lâché d'un seul coup en liberté. Je redécouvrais le plaisir de l'indépendance, de ma vie pétillante et j'avais envie de sauter partout. Oui ma liberté chérie, comme je t'aime et pour rien au monde je ne te sacrifierai à nouveau!
J'étais tellement déchaînée que dans cette bouffée d'énergie, je suis allée en boite jusqu'à 8h du mat et suis rentrée à 9h chez moi. Quelle bonne soirée, mais j'étais vidée...
Bon maintenant au lit, discrètement, je me déshabille et rampe dans mon lit douillet. Super, quand je vais me réveiller, il sera presque temps pour Boulet de rentrer à Paris, donc je n'aurai presque plus à le supporter.
14h mon téléphone sonne, c'est Fix qui propose de prendre un verre au Lock pour honorer ce beau dimanche ensoleillé. On a eu un temps tellement pourri dernièrement que c'est vrai que ça serait dommage de gâcher une telle journée en restant au lit.
Le boulet traine par ci par là, ne fait rien, il est là quoi, donc quand je lui propose un verre du coté de Camden town, pourquoi pas dit-il.
Je me douche et à moitié réveillée, mais toujours plus que le Boulet, me dirige en sa compagnie vers le métro, direction le nord de Londres. Il a ses valises avec lui, enfin... cette fois ci il ne reviendra plus!
Sur le chemin, il arrive à sortir une phrase, tiens donc qu'est ce qui lui arrive? Ah non ça va : c'est pour me sortir une vanne!
« ouais quand je suis revenu de la salle de bain, ça puait l'alcool dans la chambre »
Forcément ce n'est pas quelquechose qui lui serait arrivé à monsieur. Je me suis retenue de lui répondre que lui a empesté mon week-end d'ennui, mais j'étais trop naze pour relever. Sa pauvre vie me faisait vraiment pitié et au final ça n'en valait pas la peine, je préférais réserver mon energie pour mon vieux Fix.
Arrivés sur place, nous rejoignons Fix, et là je me sens mieux, je laisse le Boulet quelquepart derrière, trainer ses valises alors que nous cherchons une place pour s'asseoir au soleil dans un bier garden.
Enfin installés, nous dégustons une boisson fraiche et bien que nous ne soyons pas vus que depuis trois soirs, Fix et moi n'arrêtons pas de parler. Je ne fais pas attention au Boulet, il est bien là, fondu comme une merde au soleil sur sa chaise, au moins il ne nous fait pas chier!
Sauf qu'on commande un hamburger au pub et franchement c'etait vraiment pas bon, alors je dis « ah il est vraiment bizarre ce burger j'ai jamais mangé un truc pareil » et là c'est l'occasion pour Boulet de l'ouvrir encore. Il a alors le culot de me mettre dans le nez « t'arrête de te plaindre oui? ». Là c'est trop, mon venin sort tout seul « tu peux parler, t'as pas arrêté de te plaindre tout le we !!». Et c'est gentil ce que j'ai dis, mais le ton a été vraiment sec.
C'était trop, je finis ma boisson et bien qu'on avait encore bien 15 à 20 minutes avant que Boulet ne parte pour prendre son Eurostar, je prends les devant et dis qu'il faut y aller pour être sûr au cas où il a des retards dans le métro. Je le raccompagne aussi vite au métro car je n'en PEUX PLUS DE CE BOULET.
Avant de partir on fait le récap de ce qu'il me doit et hop, un kilo de plus, sans aucune gène, il retire du total la seule tournée qu'il vient de payer. Là j'explose, je lui demande ou est ma monnaie de la soirée dernière, ainsi que 5 autres pounds qu'il devait me rendre depuis vendredi. Je ne cite même pas les tournées que j'ai payées à ce pingre. Fix coupe court en disant qu'on fera les comptes plus tard, et il avait raison. Je laisse à ce misérable clochard les quelques pounds, en lui disant qu'il aura qu'à m'offrir un verre quand on se verra à Paris. Une tape dans le dos, je lui dis en rigolant qu'à moitié, « bon ben à dans 3 ans alors! » (au moins oui) et ENFIN, il se barre!
Oui il n'était plus là, et il ne reviendrait plus, je n'aurais plus à voir sa face de mollusque en phase terminale d'ennuyite aigue et ses sales tentacules trainer partout chez moi, j'étais libre, oui libre!!
De retour chez moi je n'avais qu'une hâte : laver et nettoyer ma chambre pour effacer définitivement toute trace de son passage chez moi. Je n'ai plus eu de ses nouvelles pendant une semaine, jusqu'à ce que je lui envoie un email salé lui rappelant que je n'étais pas la banque de France et que j'aimerais bien recevoir mon chèque. Là il a le toupet de me dire qu'il s'est connecté exprès le dimanche soir pour me dire qu'il est bien arrivé (balivernes) et en confirmant le montant qu'il me devait, il a forcément, oublié comme par hasard, encore 10 pounds.
Finalement j'ai reçu une semaine après mon chèque, mon Oyster carte, par la poste et même pas un mot, me remercierait-il pour mon hospitalité? pensez vous!
Enfin et complètement innatendu, dernièrement il est venu me demander mes plans pour la rentrée, et sèchement je lui ai demandé ce que ça pouvait lui faire, pour prendre des nouvelles a-t-il répondu. Je ne l'ai pas bloqué car au final, il me fait pitié plus qu'autre chose, mais est-ce que la pitié est un bon sentiment? Est-ce que finalement cela ne nous apporte que des misères? En tout cas, cela m'a servi de leçon :
Je n'invite plus personne chez moi à moins que ce soit des gens que je connaisse très bien, ainsi je peux m'en débarrasser comme je veux et les envoyer bouler à la moindre tentative de boulétisation de leur part!
Par Lyne Achevez, Lundi 3 Septembre 2007 à 16:35 GMT+2 dans Dossiers Classés (article, RSS)




