Mon coup de coeur livre: l'île des Gauchers
Je ne pensais pas qu'il existerait un homme à notre époque, capable de parler d'amour aussi simplement et aussi intensément comme l'a fait Alexandre Jardin. Je viens de terminer l'île des Gauchers, un des livres de l'écrivain et cinéaste français, et j'en suis encore toute bouleversée...

C'est l'histoire d'un homme qui veut apprendre à aimer son épouse du mieux qu'on le puisse, et qui est prêt à tout expérimenter, même prendre les risques les plus insupportables pour un homme, afin d'atteindre l'amour parfait avec la femme de sa vie.
Je n'arrive pas vraiment à mettre des mots sur ce livre, car tout y est dit, et si bien. La façon dont Alexandre Jardin parle d'amour dans ce livre m'a parlé, comme jamais personne ni aucun ouvrage auparavant. Je n'ai pas une culture littéraire étendue et c'est peut-être pourquoi c'est la première fois que je suis aussi touchée par un livre. Il y peut-être eu mieux avant et depuis, mais c'est ce livre que j'ai lu et qui m'a totalement bouleversée. Jamais je n'aurais cru qu'un homme puisse parler ainsi de l'amour avec tant de vérité, d'intensité et en même temps de simplicité. À chaque page de son livre je me disais un peu plus qu'il devait connaître les femmes, mieux qu'elles ne se connaissent elles mêmes, et qu'il devait les aimer infiniment pour avoir réussi à les comprendre à ce point ; que les citations misogynes de Freud et d'autres « mal aimés » réduisant la femme à une hystérique incompréhensible n'ont plus raison d'être.
Il doit aussi aimer passionnément l'amour, pour l'avoir exploré aussi scrupuleusement, dans ses moindres recoins pour être sûr d'en avoir raté aucune facette, aucun plaisir.
Son livre ne se perd pas dans les tirades, est écrit avec légèreté et juste assez de détails pour s'imaginer le contexte, les décors et les personnages, avec le talent rare de maintenir un suspense qui vous déchire l'âme lorsque vous devez en interrompre la lecture. Cette île utopique qu'il décrit m'a fait replonger dans un délire enfantin délicieux, entre la raison et le cœur, similaire à celui que l'on a avec le père noel, où l'on sait qu'il n'existe pas, mais où l'on espère de tout son cœur se tromper finalement.
En parfaite sentimentale que je suis, (ou que je souhaite être) j'ai eu quelques doutes lors de passages assez difficiles du livre, mais après avoir lu en entier, ma conclusion est que ce livre, c'est que du bon!
Bien que je ne me suis pas identifiée à Emily, l'épouse du héro du roman, Lord Cigogne, j'ai eu l'impression que ce livre avait écrit pour moi, et ce genre de fusion totale avec un livre ne m'était pas arrivée depuis Vita Brevis, du même auteur que le fameux monde de Sophie, Jostein Gaarder, que je vous recommande également au passage.
Je me suis également rendue compte que la lecture m'apportait beaucoup plus que le cinéma. Qu'un livre par la richesse de ses mots, peut faire réveiller en nous des sensations assoupies, artificiellement stimulées par le grand écran, qui doit associer le son et les images pour que nos chétives émotions connaissent un soubresaut.
De ce fait, je vais dorénavant passer plus de temps à lire et à me nourrir des festins littéraires qui sont à notre portée et que nous ignorons trop, de part notre société trop occupée à courir derrière la performance ou le loisir, en oubliant les plaisirs et les bienfaits de la lecture, connus depuis toujours.
Par Lyne Achevez, Dimanche 9 Mars 2008 à 22:28 GMT+2 dans Accueil (article, RSS)




