Pas de sexe in the City - Saison 2

Poule de luxe, business et prostitution

Ça c'est du titre ! Après amour gloire et beauté, j'ai trouvé mieux avec Poule de Luxe, business et prostitution, suite à une discussion au sujet du concept délicat qu'est la Poule de Luxe avec Napoléon, mon nouveau coach intellectuel.

 

Napoléon : oui mais Poule de Luxe comme dans ton article c'est ambigu

Lyne : ben non pourquoi? je l'ai clairement défini!

Napoléon : oui mais dans l'esprit des gens, une Poule de Luxe ça n'en reste pas moins une Poule de Luxe... un peu comme ces russes qui arrivent à se faire payer des apparts avec vue sur le Kremlin ainsi qu'une pension mensuelle pour être entretenues et voir leur type de temps à autre...c'est en quelque sorte... des permanentes!

Lyne souriant : oui je vois, d'ailleurs avant d'utiliser ce terme j'ai regardé dans le dico et effectivement, Poule de Luxe signifie prostituée de haute maintenance...mais dans le premier article que nous avions écrits, c'était dans un tout autre esprit...mais c'est vrai que ça peut paraître ambigu...

 

Alors j'ai commencé à réfléchir sur ce que c'est vraiment que la prostitution, où cela commence, où cela finit, car c'est important de savoir de quoi on parle.

 

En tant que vendeuse, j'ai je dois l'avouer, quelque fois la désagréable impression de me prostituer un peu quand je garde des contacts bien cordiaux avec des gens que je n'apprécie pas vraiment, juste parce qu'ils pourraient m'être utile dans le business.

Moi quand j'aime je le dit, je sourie, j'ai plaisir à rester auprès des gens. Quand je n'aime pas, je ne dis rien ou presque et j'évite les gens autant que je le peux.

Pour cette raison, il y a une pratique du travail qui me met fortement mal à l'aise: c'est le networking. On fait semblant d'être potes, on se trouve des points communs qui n'en sont pas, tout ça pour du business au final. À quoi bon? Si j'ai un intérêt quelconque vers un produit ou un service d'une entreprise, je vais aller voir la personne et discuter, certes poliment et cordialement, mais au sujet du business, ni plus ni moins.

Pourquoi est-il si courant et fortement encouragé aujourd'hui de s'immiscer dans la vie privée des gens? Je déteste quand mes patrons me demandent comment mon week-end s'est passé ou comment je comptais passer le prochain. Est-ce que je leur en pose moi, des questions? Surtout que je sais qu'ils s'en balancent et essayent juste de me faire croire qu'ils s'intéressent à moi en établissant un « rapport ». Je n'ai pas le temps pour ça et le maximum d'intérêt réciproque que j'ai envie d'établir avec eux serait, « bonjour, ça va? » En espérant qu'ils me répondent juste « bien merci » et fin de la conversation.

 

Je me suis d'ailleurs pris trop de fois dans les dents par mon patron, « expert  en vente » le type de réflexion suivante:

MétroSamuel : tu gardes trop tes distances à la française Lyne, t'arrivera à rien vendre comme ça, c'est des humains en face, il faut un peu leur montrer que tu t'intéresses à eux.

Lyne : je leur manifeste mon soucis le plus sincère pour leurs intérêts financiers, en leur proposant une solution qui va leur faire gagner du temps et de l'argent, c'est déjà bien non?

MétroSamuel : Non justement! T'es trop business-focussed, il faut que tu mettes en place un dialogue amical, arrive à savoir s'ils ont une famille, des enfants, ce qu'ils aiment faire comme ça hop! Tiens toi aussi tu as un fox-terrier, quel hasard!! Vous êtes faits pour vous entendre et au passage, j'ai un super truc pour toi et ta boîte!

Regarde moi, je suis dans la ventes depuis des années - NB : mais combien vends tu blaireau? - et j'ai plein de contacts qui pensent qu'on est amis alors que j'en ai rien à battre d'eux! Aahahahah!!!

Lyne (intérieurement) : quelle horreur... et dire que ce type est mon patron... allez ma petite, rigole un coup t'aura au moins fait ton networking du jour avec ce misérable individu.

 

Donc pour moi, clairement ce type il se prostitue à ses clients, le vendeur véreux quoi. Et j'ai l'impression que ces comportements se généralisent dans le business, ce qui ne me plaît pas du tout. Si c'est à ce prix que je dois devenir vendeuse professionnelle, je ferais mieux de me reconvertir même si j'aime mon métier car ça ne va pas me plaire du tout. Enfin, je pense quand même que ce type n'est pas un bon exemple et que la vraie vente, c'est avant tout être honnête et vouloir sincèrement répondre au besoin d'un client. Ensuite, si à prix et service égal le client hésite entre moi et un concurrent, et bien c'est là que le relationnel peut influencer, mais c'est à garder en dernier recours.

 

Après cette introduction d'un point de vue pratique, revenons à nos moutons. Je suis donc allée voir ce qu'est la définition de la prostitution et voici ce que j'ai trouvé :

 

Pratique de la débauche pour des motifs plus ou moins intéressés; inconduite où le sentiment n'a point de part.

Débauche signifiant un usage excessif ou déréglé de tous les plaisirs des sens, notamment de ceux de l'amour et de ceux de la table,  et inconduite se définissant comme une conduite qui n'est pas conforme à la morale, aux règles.

 

Les deux passages les plus intéressants ici sont « pour des motifs plus ou moins intéressés » et « où les sentiments n'ont point de part ». Au final l'inconduite et la débauche quelles qu'elles soient ne sont un problème que si elles sont menées dans un but précis ou d'une certaine façon.

Ce qui est dénoncé, c'est d'être intéressé et qu'est ce que ça veut dire intéressé ?

Qui recherche avant tout son avantage personnel, notamment matériel

Dénoncé également, le fait de ne pas avoir de sentiment et qu'est ce qu'un sentiment ?

État affectif complexe, assez stable et durable, composé d'éléments intellectuels, émotifs ou moraux, et qui concerne soit le « moi » (orgueil, jalousie...) soit autrui (amour, envie, haine...).

 

Cette dernière définition n'est pas idéale car elle englobe les sentiments positifs et négatifs envers soi et autrui. Je pense que la définition de base de la prostitution comprend dans le mot sentiment, celui relatif l'amour et à l'affection.

 

Ceci étant clarifié, on peut en conclure que la prostitution c'est un ensemble de comportements réprouvés par la morale, dont les relations sexuelles, dans un but d'avantage purement personnel, matériel ou autre, et sans sentiment amoureux.

Avec les mœurs contemporaines, les pratiques sexuelles ne sont plus réprouvées moralement et sont autorisées par la loi, pour les adultes consentants dans n'importe quel contexte.

Avoir du sexe avec un partenaire est aussi bien accepté dans le cadre d'une relation sentimentale (une relation dite de couple) qu'en dehors (coup d'un soir), dans un intérêt commun ou personnel.

Par conséquent, ce que l'on qualifie encore aujourd'hui de prostitution n'a plus lieu d'être et devrait être reconnu une activité marchande comme les autres. Si une personne (cela s'applique tant aux hommes qu'aux femmes) consent à avoir des relations sexuelles où elle y trouve un avantage (charnel ou pécuniaire peut importe), cela ne devrait nullement nous déranger puisque cela fait déjà partie intégrante du quotidien dans lequel nous vivons.

Que celui ou celle qui ne s'est pas envoyé en l'air une seule fois avec une personne sans avoir de sentiments et dans la recherche avant tout de son avantage personnel jette la première pierre à celles qu'on ose encore appeler des prostituées...

Maintenant venons en à ce que moi j'appelle les vrais prostitués, ceux qui feignent des sentiments et qui trompent les autres dans la recherche d'un avantage personnel, charnel ou pécuniaire. Ils utilisent la manipulation et de ce fait violent le corps et/ou l'esprit de leurs victimes, les laissant là sans recours, et ne pouvant se reprocher qu'à eux-mêmes leur stupidité pour être tombé dans le panneau. On les appelle communément les séducteurs et les séductrices, et ceux là étrangement, ils ont le vent en poupe.

Enfin, il y a aussi toutes ces pauvres filles que je ne sais pas comment qualifier, car elles se "prostituent" pour de l'amour. Nombreuses sont celles qui acceptent de donner leur corps, avec aucun autre intérêt que le maigre espoir de garder un être aimé, et de le faire aimer à son tour. Celles ci bradent leur corps et leur sentiment pour une retour sur investissement souvent nul.  Alors entre celle qui donne son corps, préserve ses sentiments tout en retirant quelques avantages personnels et celle qui donne tout sans rien recevoir en retour, je me demande bien laquelle est la plus à plaindre...

Et vous, quelle est votre vision de tout cela?

Vos commentaires

1 Le Lundi 7 Avr 2008 à 22:07, par Mister O.

Hé bien Lyne, je ne sais pas la définir ... il est trop tard pour réfléchir à cette heure ;-). En te lisant, je me demande si Miss E. ne m'a pas pris pour une espèce de gigolo gratuit, à mon corps défendant. En tous les cas, ton patron je pense bien qu'il se prostitue oui même si c'est à l'insu de son plein gré !
Bon début de semaine !

2 Le Lundi 7 Avr 2008 à 23:48, par Lyne Achevez

Bah c'est sûr qu'on a tendance à se demander si on s'est pas fait un peu abusé quand une relation se finit, parce qu'on y laisse toujours quelquechose qu'on ne récupère jamais vraiment.
Mon patron c'est un branleur de capitaliste, un des pires du genre: il aime pas bosser alors il faut faire du fric le plus vite et par tous les moyens, forcément ses pratiques flirtent un peu avec l'"immoralité"...

3 Le Mardi 8 Avr 2008 à 22:33, par Miss Ste Henriette

Dans le monde des affaires, monde impitoyable ou chacun peut y laisser ses plumes...il est clair que les patrons se prostituent et qu'ils n'ont pas d'autres moyens pour y arriver. Ils se vendent au plus offrant. Il en est de même dans le monde politique. Que ne ferait-on pas comme concession afin d'avoir un peu de pouvoir quitte à s'assoeir sur les plus pauvres et les laisser dans leurs merdes...D'ailleurs, quand les politiques se manifestent pour défendre les plus opprimés c'est dans l'espoir vain de se faire remarquer, de faire parler de soi. Les médias se prostituent pour n'importe quel sujet, la télé en fait de même, les individus font de même à petite dose : le petit employé qui brosse son chef se prostitue et j'en passe. Le monde est un grand gouffre qui nous enfonce encore un peu plus chaque jour dans notre propre déchéance...
Bon, j'arrête pour ce soir mes beaux discours plein d'enthousiasme...

4 Le Mercredi 9 Avr 2008 à 01:26, par Lyne Achevez

Bonsoir ma MSH, et merci pour ton commentaire qui soutient que la prostitution est bel et bien le plus vieux et le plus répandu métier du monde...

5 Le Vendredi 11 Avr 2008 à 18:27, par philemon

Bien qu'tout' la vie ell's fass'nt l'amour
Qu'ell's se marient vingt fois par jour
La noce est jamais pour leur fiole
Parole, parole
La noce est jamais pour leur fiole

Fils de pécore et de minus
Ris par de la pauvre Vénus
La pauvre vieille casserole
Parole, parole
La pauvre vieille casserole

Il s'en fallait de peu, mon cher
Que cett' putain ne fût ta mère
Cette putain dont tu rigoles
Parole, parole
Cette putain dont tu rigoles

Ca, c'est un bel hommage du grand Georges aux filles que l'on appelle de joie, ou parfois femmes au grand coeur.
Et si je peux avoir de la tendresses pour celles-là, je n'en ai aucune pour ceux que tu qualifies de manipulateurs et de narcissiques, qui pour satisfaire leur ego se prostituraient dans leur rapport àl'autre.
Mais comment ne pas exacerber ces sentiments lorsque la réussite professionnelle et sociale, les clés du succès, la consommation des biens et des personnes sont montrés en exemple et encouragés.
Lorsqu'on parle de décroissance pour retrouver un avenir au monde, je pense que c'est très largement de décroissance des ego qu'il faudrait mettre en oeuvre.
Vaste débat... Bravo pour ces billets toujours très bien troussés !

6 Le Vendredi 11 Avr 2008 à 21:54, par Lyne Achevez

Ah ben si le grand George est de notre coté aussi, que demander de plus? :)
Merci pour cette référence Philémon!
"Mais comment ne pas exacerber ces sentiments lorsque la réussite professionnelle et sociale, les clés du succès, la consommation des biens et des personnes sont montrés en exemple et encouragés."
Rester soi-même et humble mais surtout garder la tête sur les épaules quoi qu'il arrive?

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